The balad of Nefertiti

Écrit par – 29/06/2010

En bons Marseillais, on a apprécié être logés dans un appartement situé à deux pas de la meilleure pizzeria de la ville – l’une des seules de Detroit (voire de tout le middle-west) dans laquelle on peut trouver un fond de pizza à la tomate ET à l’ail. Primordial. Un soir, nous y avons croisé Nefertiti, assise à la table d’à-côté. .

Dans son quartier, beaucoup de jardins communautaires, sur lesquels Sophie (alter-echos) et Jean-Paul (qui officie ici-même) préparent un reportage. Nerfititi nous a donc invité à “dîner” chez elle. Les guillemets ne sont pas pour la qualité du repas (succulent saumon au barbecue, accompagné d’une salade aux légumes et herbes des jardins alentours), que pour l’heure : ici, à Detroit, on mange tôt. 18h30 en moyenne. Chez Nefertiti, c’est plutôt à 17h30.

L’avantage, c’est qu’après manger (et une fois le pichet de mojito éclusé), on avait toute la soirée devant nous pour visiter son quartier, rendre visite à Mr King, un voisin qui élève une quarantaine de poules, puis aller voir une ferme – Brother nature farm – qui fournit plusieurs restaurants de la ville en légumes bios – dans une approche très “permaculture” : les “mauvaises” herbes ne sont pas arrachées, et le potager a des airs spontané et sauvage, sans que cela nuise à la qualité et à la quantité des légumes qui en sortent. Kate Hensley, employée de l’exploitation, nous fait visiter.

Le tout à deux pas du “motor city casino hôtel”, et à 20 minutes de marche (autrement dit rien du tout) du centre ville. Après une pause chez elle (pour s’assurer que le pichet de mojito était bien vide), Nefertiti nous a emmené chez un de ses amis, Dabl’s, un sculpteur, peintre, et tagueur, qui empreinte au land-art, mais dans un environnement péri-urbain. Il a squatté un bloc de maisons, repeintes et recouvertes de bouts de miroirs, sur le devant desquelles s’exposent les différents alphabets des langues africaines.

Derrière, il a réalisé une installation autour de la rouille. C’est, pour être plus précis, l’école dans laquelle le fer apprend aux pierres à rouiller, avec différents stades – le fer qui donne des leçons aux pierres, les pierres qui cherchent à apprendre par elles-mêmes et se font punir par le fer, le fer qui prend conscience qu’il est issu d’un minerai et est donc plus proche des pierres qu’il ne le pensait, etc. Une installation qui va au-delà de l’art : elle est censée contribuer à l’harmonie des alentours. C’est du moins le rôle que Dabl’s lui a assigné : veiller à ce que l’ensemble du lieu reste tel qu’il est – qu’il ne soit pas vandalisé, détruit, incendié. Ce qui, vu l’état dans lequel le quartier était au début du projet, n’était pas une mince affaire. Apparemment, ça marche : tout est encore là, et Dabl’s a commencé à transformer un nouveau bâtiment – toujours dans le même but : créer un quartier paisible. Une sorte de land-art cosmogonique, donc.

Photos : Jean-Paul Duarte

2 Commentaires sur The balad of Nefertiti

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  1. yamina Hamidi dit :

    Belle aventure JP,
    … voir l’Amérique autrement… ça fait du bien ça
    Profite !!!, prends plein de photos et continues de nous faire partager ton périple
    See you ici ou ailleurs
    yam

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